ESSAI BMW M135I : TRACTION CONTROL

Stupeur ! C’est la réaction qu’a provoquée notre monture du jour lors de sa présentation. Une BMW sportive en traction ? Inimaginable il y a quelques années mais les ingénieurs de Munich ont décidé de suivre les tendances du marché avec cette troisième génération de la compacte Série 1.

Passage d’outsider à suiveur

Cela s’est traduit par l’abandon de sa plus grande spécificité, l’architecture propulsion. Cet abandon part du postulat que la majorité des clients ne savaient même pas que leur voiture était une propulsion. Autre argument avancé, une rationalisation des coûts par un partage de plates-formes avec les Mini. D’accord pourquoi pas, pour une voiture qui est destinée à un milieu urbain on comprend ce choix. Mais ce qui a fâché le plus les puristes c’est que la version sportive siglée M135i devient elle aussi une traction, plutôt une quatre roues motrices à tendance traction. Même si l’ancienne était déjà proposée en xDrive, ici le train arrière ne fera jamais passer plus de 50% de la puissance. Adieu les dérives…

Ça passe ou ça casse

Qui dit changement d’architecture, dit changement du design avec des proportions revues, 2.1 cm en moins en longueur ainsi qu’un gain de 3.4 cm en largeur et 1.3 centimètre en hauteur. Outre l’abandon de la version trois portes, les codes stylistiques changent aussi, fini le grand capot et le coffre concave avec plaque d’immatriculation déportée. La voiture rentre dans la norme. Le profil perd de sa saveur et se rapproche des productions des généralistes avec ce vitrage qui remonte. Ironie du sort le pli Hofmeister est toujours présent – certes moins prononcé – alors qu’il est censé attirer l’attention sur la caractéristique typique des BMW, les roues arrière motrices. De profil on a du mal à distinguer une BMW. Même constat à l’arrière. Si elle a abandonné le coffre renfoncé, des 2 premières générations, elle ne fait même pas l’effort d’arborer les feux présents sur les dernières productions. Certes les feux sont pincés et en L mais leur design banal fait que là encore on pourrait croire à une production d’un généraliste. Le comble dans tout ça c’est que la seule réelle affiliation à une BMW, c’est-à-dire sa calandre, fait ici débat. On a bien les deux haricots mais leur traitement avec un rapprochement et une partie pinçant le capot donne un aspect assez étrange. On a heureusement toujours des « angel eyes » qui permettent de reconnaître l’affiliation au premier regard.

Notre version sportive adopte en plus des codes spécifiques M Sport pour suggérer la sportivité. Pare-chocs avant ajouré pour gaver d’air le moteur, diffuseur arrière avec double sortie d’échappement, béquet ou encore des touches de couleur bronze sur les rétros, la calandre et les prises d’air. Des jantes exclusives M Cerium Grey en 19 » viennent égayer le tout.

Bilan, dans cette configuration, avec la combinaison du noir Saphirschwarz métallisé et du bronze, les belles jantes et l’habillage sportif, la M135i n’est pas désagréable à regarder. On peut même dire qu’elle est jolie mais au fond elle manque de distinctivité pour déclencher un coup de cœur immédiat.

Urbaine avant tout

En revanche à l’intérieur c’est une tout autre histoire. On sait qu’on est dans une BMW. La petite bavaroise intègre le nouveau mobilier de ses sœurs aînées. Instrumentation entièrement numérique, design plus épuré, technologies dernier cri (la voiture est suréquipée, elle dispose de tous les packs disponibles), l’intérieur est qualitatif et bien fini même si certains plastiques en partie basse sont légers. On se sent globalement dans une voiture du segment supérieur. Ici, la sportivité est représentée non seulement par le magnifique volant en cuir et Alcantara M Performance (disponible en accessoire), le pédalier et seuils de porte en aluminium mais aussi par les sièges M Sport (option) qui s’habillent d’une originale sellerie Cuir « Dakota » avec perforations Magmarot aux accents rouges / orangés. Détail sympathique, les ceintures surpiquées aux couleurs Motorsport.

La sellerie permet d’illuminer l’intérieur au même titre que le toit ouvrant panoramique qui vient avec le Pack Evasion. Qu’est-ce que c’est agréable d’avoir un habitacle lumineux dans une voiture qui est destinée à faire beaucoup de trajets urbains comme le rappellent les stickers sur le flanc. Notre escapade dans le centre de Toulouse l’a démontrée, il fait bon vivre dans cette M135i qui malgré sa largeur un peu plus conséquente se faufile aisément en ville grâce aux nombreuses technologies d’aide à la conduite mais les manœuvres se voient altérées par le rayon de braquage qui prend plus de 3m sur cette nouvelle génération. Merci la traction… Mais voyons le point positif, l’habitabilité générale est accrue et laisse assez de place à Bielle pour photographier à travers le toit panoramique une fresque de street art.

Quand il n’y en a plus, il y en a encore

Après tous ces changements, le cœur des puristes n’a pas été ménagé quand ils ont appris l’abandon du 6 cylindres en ligne pour un 4 cylindres de 2.0 litres en position transversale. Elle renie ses origines jusqu’au bout.

Toutes ces nouveautés inquiètent sur son comportement routier, est-elle digne vraiment de son blason ? Avant toute chose une BMW, c’est une voiture qui se conduit, qui doit procurer du plaisir au volant.

Du plaisir elle sait en donner par ses aptitudes dynamiques de haute volée. La voiture est ventousée à la route, à peine le train avant recherche de l’adhérence que l’arrière s’enclenche pour sortir la voiture de sa mauvaise situation. Néanmoins certains seront dérangés par les effets parasites du différentiel à glissement limité dans la direction mais personnellement je trouve que ça apporte un peu de vie à la voiture.

Sur le sec, rien à dire, aucune perte d’adhérence, la voiture encaisse les virages rapidement sans broncher. Un léger sous-virage peut se faire ressentir à l’attaque des courbes très serrées et bien entendu si vous commencez à écraser copieusement l’accélérateur en milieu de virage. Les lois de la physique reprennent le dessus surtout quand plus de 60% du poids est à l’avant ! Mais si vous respectez, les règles d’or de la conduite, à savoir freiner avant le virage et réaccélérer à la sortie, vous aurez une voiture incisive qui vous laissera sentir l’arrière s’asseoir avant de bondir à la réaccélération. On peut dire merci aux réglages des suspensions DirectDrive qui ne sont pas trop fermes et qui laissent vivre suffisamment la voiture. Les nombreuses routes dégradées n’ont pas été un calvaire grâce aussi aux baquets qui offrent à la fois du maintien et une bonne dose de confort en étant chauffants, ventilés et réglables au niveau des lombaires.

Le comportement est sportif mais pas extrême, ça correspond exactement à son placement « d’entrée de gamme sportive » même s’il n’y aura pas de version plus radicale normalement. La direction s’est montrée idéalement précise mais a manqué d’un peu de consistance à haute vitesse malgré la bonne prise en main due au volant M Performance. Le freinage est efficace pour l’utilisation recherchée même s’il manque un poil de mordant.

Une paire de cylindres envolée

Pour exploiter ses excellentes liaisons au sol, il fallait un moteur qui suive. Alors oui on perd le charme et l’onctuosité du 6 cylindres mais on conserve un moteur plein à tous les étages. Volontaire en bas des tours, il ne se fait pas prier pour être poussé dans ses retranchements et délivrer les quelques 306 ch et 450 Nm de couple. Malgré des chevaux en recul par rapport à sa devancière, les performances sont bien là et suffisantes pour expédier le 0 à 100 km/h en 4,8s. Ces bonnes impressions sont en partie dues à la très bonne boîte de vitesses automatique à 8 rapports d’origine AIsin. Les passages sont fluides en temps normal et rapides en mode manuel avec un à-coup artificiel en Sport. Il faudra de toute manière s’en contenter puisque la boîte manuelle est abandonnée par la même occasion.

Artifice, c’est le terme qu’on peut utiliser pour la sonorité du moteur. Le bruit est assez rauque en mode Sport avec quelques crépitements ici et là mais ne se révèle jamais beau et est même amplifié par les enceintes. Les normes antipollution sont passées par là, il y a du son mais pas assez travaillé pour être mémorable.

Elle perd ses lettres de noblesse

Alors digne de son blason ou non ? Réponse difficile tant cette voiture rentre dans le rang et renonce à beaucoup de caractéristiques. Design, architecture, moteur, le schéma suit ce qui se fait chez la concurrence premium mais aussi généraliste. Non pas qu’elle est mauvaise, elle reste une très bonne traction avec un bon comportement routier mais elle perd toutes ses saveurs d’antan et devient par la même occasion trop simple. Trop facile à conduire, un son pas assez noble, elle n’est pas gratifiante à conduire mais ça on ne peut pas blâmer BMW mais plutôt la tendance actuelle. En revanche son prix salé (plus de 62 000€ neuf pour notre modèle) accompagné du malus font réfléchir. Oui on a une voiture à l’habitacle cossu tiré à 4 épingles, une voiture qui sait tout faire mais il manque quelque chose pour une version qui se veut être au sommet de la gamme. Elle fait une excellente compacte qui saura trouver son public mais la version sportive qui s’adresse aux initiés manque de ce côté exotique cher à BMW qui faisait sa singularité. Le temps de la petite BM’ sportive à la carte (Propulsion / xDrive ; boîte méca / auto ; 3 portes / 5 portes) est révolu. Il ne vous reste plus qu’à vous forger votre propre opinion en l’essayant.

Merci à la concession BMW Pelras pour la découverte de cette M135i. Allez jeter un œil aux réseaux sociaux de cette concession remplie de passionnés.

Sachez que si l’exemplaire de notre essai vous donne envie, il est disponible à la vente.

By Bielle (photos) et Piston (texte),

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