Aston Martin V12 Vantage Carbon Black : la fureur sous le velours

Il existe des voitures que l’on conduit, et d’autres que l’on ressent. La V12 Vantage appartient résolument à la seconde catégorie. Icône de la marque de Gaydon, elle incarne mieux que quiconque ce que l’automobile a de plus viscéral et de plus raffiné à offrir simultanément — un paradoxe que les Britanniques maîtrisent comme personne. Embarquez avec moi au volant de cette magnifique Aston Martin prêtée par Pelras Legend.

Un dessin qui défie le temps

Signée par le duo Callum et Fisker au tournant des années 2000, la silhouette de la Vantage reste aujourd’hui d’une justesse désarmante. Malgré un gabarit compact — comparable à celui d’une Porsche Cayman — elle impose sa présence avec autorité : capot interminable, ailes musclées, habitacle reculé vers l’arrière. La V12 radicalise encore ce propos avec une assiette abaissée de 14 mm, une lame avant et un diffuseur en carbone, et cette petite queue de canard rehaussée qui trahit ses ambitions dynamiques.

L’édition Carbon Black pousse l’exercice encore plus loin avec une peinture métallisée exclusive nécessitant 50 heures de traitement. Sobre, sculpturale, magnétique : une Aston Martin n’a pas besoin de crier pour attirer les regards des connaisseurs. Je suis amoureux.

Un habitacle fait à la main, comme une montre de luxe

Mettre le pied dans l’habitacle, c’est entrer dans un monde où chaque matière a été sélectionnée avec soin. Aluminium, cuir, Alcantara, carbone — les plastiques sont presque absents. La Carbon Black enfonce le clou avec ses baquets carbone-Kevlar, sa console Piano Black et sa plaque en carbone rappelant le modèle. L’ambiance est celle d’un cockpit racing enrobé dans du luxe sur mesure. Et puis il y a cette clé en verre sérigraphiée — baptisée Emotional Control Unit — qu’on insère au centre du tableau de bord comme pour accomplir un rituel.

Le V12 : un moteur que l'on n'osait plus espérer

Caser le V12 6.0 L de la DBS sous le capot de la compacte Vantage relevait du pari fou. Aston Martin l’a relevé avec brio. Sous le capot en carbone, on découvre 517 ch et 570 Nm, signés à la main par le technicien qui a réalisé l’inspection finale. Seule transmission possible : une boîte manuelle à 6 rapports, avec arbre de transmission en carbone. Une architecture propulsion pure, sans compromis, sans double embrayage robotisé pour vous tenir la main.

C’est la recette d’une autre époque. Et c’est précisément pour cela qu’elle est inoubliable et que je l’adore.

0 à 100 km/h (s)
0
Puissance (ch)
0
Couple (Nm)
0
Poids en marche (Kg)
0

V12 6.0 Atmo

BVM 6

Propulsion

Sur la route : une GT qui griffe

Au démarrage, les 12 bougies s’allument une à une. La double sortie d’échappement s’éveille d’un grondement sourd et profond qui remonte dans la colonne vertébrale. En ville, la V12 se plie au jeu de la grande routière : couple élastique, suspension plus ferme qu’une V8 mais jamais punitive et gabarit contenu.(Lire l’essai de la V8 Vantage) On croise le regard des passants, on sourit.

Sur les petites routes sinueuses, le registre change du tout au tout. La boîte se verrouille, le compte-tours franchit les 4 000 tr/min, et le V12 se met à rugir jusqu’à 7 000 tr/min avec une intensité croissante et une musicalité sans équivalent. Les freins carbone-céramique (398 mm à l’avant) mordent avec franchise, le train avant communique avec précision et l’arrière suit avec une docilité rassurante. Malgré ses 1 756 kg, la V12 Vantage est équilibrée et vivante.

Une répartition des masses de 51/49 — presque parfaite — récompense le travail des ingénieurs qui ont compensé les 100 kg supplémentaires du V12 par un usage intensif du carbone et de l’aluminium.

Le verdict

La V12 Vantage Carbon Black est un objet rare, construit à la main, animé par un moteur atmosphérique dont l’espèce est en voie de disparition. Elle n’est pas parfaite sur tout — la suspension accusera les mauvais revêtements, l’embrayage demande de la douceur — mais elle possède quelque chose que peu de sportives modernes peuvent revendiquer : une âme.

Pour moins de 131 000 €, c’est le prix d’une 911 Carrera S pour une expérience que nulle voiture de série ne reproduira plus jamais. Un vrai collector, une vraie émotion, un vrai investissement passion.

 

Remerciements

Merci infiniment à Pelras Legend pour le prêt de cette auto charmante. 

Design intemporel 

Dynamisme 

Sonorité

Artisanat 

 

Poids 

Quelques finitions

Manque de haut régime

100%
Degré de plaisir de conduite

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