Essai Renault Clio 6 E-Tech 160 : le sixième élément

La Clio n’a plus rien à prouver. Avec plus de 16,5 millions d’exemplaires vendus en trente-cinq ans d’existence, la citadine au losange est bien plus qu’un modèle : elle est une saga. Sa sixième génération, livrée aux premiers clients en ce début d’année 2026, entend marquer une véritable rupture. Design radicalement renouvelé, motorisation hybride revue à la hausse, habitacle entièrement repensé — la Clio 6 veut faire oublier qu’elle reste, au fond, une petite voiture. C’est Renault Edenauto qui m’a confié les clés de cette Techno rouge pour quelques jours de découverte dans les environs de Toulouse. De quoi vérifier si la promesse tient la route.

Un design de rupture signé Gilles Vidal

La nouvelle Clio est l’œuvre testament de Gilles Vidal chez Renault, avant son départ chez Stellantis. On sent que le designer a voulu marquer les esprits. Face à l’ancienne génération, déjà bien séduisante, la Clio 6 fait l’effet d’un saut générationnel.

La face avant frappe d’emblée. La sculpture du capot pousse la calandre vers le bas, comme un mufle, avec pas moins de 113 losanges répartis entre la calandre principale et la prise d’air inférieure. Audacieux, voire provocateur — certains y verront un excès de zèle, d’autres une affirmation de caractère. Dans notre teinte Rouge Absolu, le résultat est en tout cas tranché : la Clio 6 ne passe pas inaperçue dans les rues de Toulouse et au pied du Capitole.

De profil, l’esprit d’un coupé compact a clairement prévalu : la lunette arrière inclinée, surmontée d’un becquet généreux, confère à cette zone arrière un dynamisme qu’on ne lui connaissait pas. La silhouette s’étire légèrement — 4,12 m de long, soit 6,7 cm de plus que la Clio 5 — sans pour autant chambouler les gabarits de stationnement en ville. À l’arrière, les feux en hexagone irrégulier ne sont pas affleurants à la carrosserie, mais viennent se poser sur le galbe concave de l’aile, avec un découpage très géométrique. L’ensemble est original, différenciant, et n’évoque plus du tout une simple évolution de la génération précédente. D’ailleurs, on remarque l’incroyable évolution du design face à cette magnifique Renault Clio 1 Williams, dont vous pouvez retrouver l’essai ici. Cette Clio 6 a tout les éléments pour en faire une petite sportive affutée. 

Ce design pourra être jugé un rien excentrique par les plus conservateurs, mais il a le mérite de l’originalité. C’est désormais la Clio qui apparaît plus agressive que la Peugeot 208. Sur les routes de la Haute-Garonne, elle ne laisse personne indifférent.

Un habitacle moderne

À bord, la rupture est tout aussi marquée. L’architecture classique avec combiné et visière face au conducteur disparaît au profit d’une planche de bord horizontale, flanquée du double écran OpenR en V avec le système multimédia OpenR Link et Google intégré — une première dans cette catégorie.

Le résultat est aéré, moderne, en phase avec ce que Renault fait sur sa Renault 5 ou sa R4. Le système Google se montre réactif, avec une navigation aussi facile d’utilisation qu’efficace et intuitive. L’ergonomie Renault devient exemplaire. On apprécie aussi les commandes physiques conservées pour la climatisation : tout ne passe pas par l’écran, et c’est une vraie bonne idée.

La finition apparaît de bon niveau, avec des assemblages sérieux qui suggèrent davantage la solidité. Renault a énormément progressé sur ce plan. Notre Techno bénéficie de surpiqûres rouges sur la sellerie, d’une caméra de recul, de vitres surteintées et de jantes alliage diamantées de 18 pouces — un équipement cohérent avec son prix de 27 600 €.

Deux bémols néanmoins. Le regroupement à droite du volant du levier de vitesses, des commodos d’essuie-glaces et des commandes audio n’est pas vraiment satisfaisant : il prête à confusion, même si on finit par s’y habituer. Et l’ambiance générale, très sombre avec ses plastiques noirâtres et ses décors gris, manque de chaleur. La teinte rouge de notre modèle d’essai égaie heureusement l’ensemble, mais on regrette que l’habitacle ne soit pas aussi expressif que la carrosserie.

Côté espace, la Clio 6 mesure 4,12 m de long, 1,77 m de large et 1,45 m de haut, pour un empattement de 2,59 m et un coffre de 309 litres. Les passagers arrière ne sont pas à la fête — c’est le revers d’une silhouette de coupé. Malgré ses 7 cm supplémentaires par rapport à l’ancienne mouture, la Clio 6 n’est pas plus accueillante à l’arrière. La découpe de la portière postérieure diminue l’accessibilité. Rien de rédhibitoire pour deux adultes de gabarit moyen, mais il faut le savoir avant de partir en famille vers les Pyrénées.

La mécanique E-Tech 160 : plus douce, plus sobre

C’est peut-être là que la Clio 6 évolue le plus. Le moteur essence passe de 1,6 l à 1,8 l de cylindrée, de 94 à 109 ch, et la batterie de 1,2 à 1,4 kWh, pour une puissance cumulée de 160 ch contre 145 auparavant. Sur le papier, la progression est mesurée. Sur la route, elle change beaucoup de choses.

Les redémarrages du moteur thermique se montrent plus discrets dans l’habitacle, et les temps de réponse moins importants lors des accélérations. En conduite coulée — ce qui correspond parfaitement à une balade en direction du Lauragais — le système hybride se fait presque oublier. La boîte à crabots, sans embrayage et entièrement automatique, gère les transitions avec une fluidité appréciable. L’agrément général est de très bon niveau en conduite coulée.

En revanche, dès qu’on sollicite davantage, les limites du système apparaissent. En mode Sport, les performances sont au rendez-vous, mais le sentiment de disposer des 160 ch n’est pas toujours présent. La boîte hésite encore parfois et maintient trop longtemps le troisième rapport sur parcours sinueux ou vallonné. Rien de grave pour une voiture dont la vocation n’est pas sportive, mais il faut l’accepter.

Ce qu’on accepte en revanche très volontiers, c’est la sobriété. Sur route mixte, la consommation réelle s’établit à 4,3 l/100 km.

0 à 100 km/h (s)
0
Puissance (ch)
0
Poids en marche (Kg)
0

4 cylindres 1.8 turbo

hybride

Boite automatique 

Traction

Sur la route : l'équilibre retrouvé

La version Techno, avec ses jantes de 18 pouces optionnelles, offre un confort très satisfaisant pour une petite voiture. Sur les nationales dégradées du Lauragais ou les routes cabossées du centre-ville, la suspension absorbe avec discernement.

Le comportement routier est au-dessus de tout soupçon. La voiture vire à plat, avec une tenue équilibrée et une agilité assez surprenante. On enchaîne les virages avec plaisir, le train avant rivé au bitume. La direction, justement calibrée, donne une bonne sensation de précision sans être jamais très incisive. On se plaît à emmener la Clio sur les petites routes vallonnées du Volvestre, où elle révèle un vrai caractère.

Le freinage est plus mordant que généralement sur les hybrides, même si la sensation de ne pas freiner assez vite demeure — heureusement plus une impression qu’une réalité.  

Bilan : la citadine qui en fait plus

À 27 600 € en finition Techno, la Renault Clio 6 E-Tech 160 se positionne dans un segment très disputé, face à la Peugeot 208 Hybrid 145 et la Toyota Yaris Hybride. Notre Techno comporte l’essentiel.

Ce qu’on retiendra de ces jours de découverte dans le sud-ouest : une mécanique hybride définitivement mature et sobre, une tenue de route saine et plaisante, un habitacle moderne et bien équipé. Et un design qui tranche, qui interpelle, qui fait parler — ce qui, pour une voiture censée renouveler le best-seller de la marque au losange, est précisément ce qu’on lui demandait.

Elle a tout d’une grande, disait déjà la publicité de la Clio première génération. Trente-cinq ans plus tard, la formule n’a pas pris une ride.

Remerciements

Merci à Renault Edenauto Toulouse pour la découverte de cette nouvelle Clio. N’hésitez pas à les contacter pour votre projet :

Design fort

Confort

Tenue de route

Habitacle moderne avec boutons physiques 

Accès arrière 

Boite pas très souple en conduite soutenue 

Mérite une version plus sportive

85%
Degré de plaisir de conduite

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