RCB-7 : UNE CATERHAM SOUS STÉROÏDES

Il y a des jours où on ne s’attend pas à croiser quelque chose de spécial. Si le rassemblement du Parc des Ramiers de Blagnac qui a lieu tous les troisièmes dimanches du mois regorge tout le temps de pépites à 4 ou 2 roues, l’édition de juillet fut fructueuse en rencontre. Mon collègue vous a déjà parlé de son coup de cœur pour la Talbot Lago T120 aussi rencontrée lors de cette édition.

Aujourd’hui, d’une pierre deux coups, je vais vous présenter à la fois mon coup de cœur mais aussi un artisan d’exception.

Le dynamisme sinon rien

À chaque essai que je réalise – et vous commencez à le savoir – il y a un élément qui me tient à cœur, c’est le comportement dynamique. Avoir une direction directe connectée à des trains roulants qui remontent des informations est pour moi le point le plus important sur une voiture qu’elle soit familiale ou sportive. Cette quête de dynamisme m’oblige inévitablement à m’intéresser aux constructeurs de niche qui sont souvent maîtres en la matière. Caterham, Lotus, Morgan, Janarelly et j’en passe et des meilleurs, sont des marques que j’admire tout particulièrement.

Alors quand mon regard est tombé sur une voiture qui se rapproche d’une Caterham, mais qui n’en est pas une, et qui n’est pas non plus les dérivées connues comme les Donkervoort et les Westfield, l’interrogation et l’enthousiasme furent grand.

RCB-7, quésaco ?

En discutant avec son propriétaire j’apprends rapidement que j’ai sous les yeux une RCB -7. Je n’avais jamais entendu parler de cet artisan et de ce modèle.

Robert Burkhardt, qui a donné ses initiales à la marque, a fondé cette entreprise il y a plus de 20 ans. Son fonds de commerce a toujours gravité autour de la préparation d’automobiles d’exceptions et plus précisément autour de la célèbre Lotus Seven, qui est devenue sa spécialité. Si la firme réalise de la maintenance et des réparations pour ce modèle, elle a surtout développé sa propre interprétation et c’est ce qui nous intéresse ici.

Magnat de la perfection automobile et du soin des détails, Burkhardt a conçu une Seven sur mesure. Autour des trains roulants de la Caterham Seven, a été développée une auto modulable qui permet aux clients de la personnaliser comme bon leur semble.

Modulable à souhait

Trois types de carrosseries sont proposés classique / moderne / speedster mais chaque élément qui est uniquement composé en aluminium ou carbone est interchangeable entre les différentes versions.

L’autre aspect de cette modularité se trouve au niveau de la salle des machines. Trois types de moteurs avec différents niveaux de puissance sont proposés : 4 cylindres Ford Duratec, 4 cylindres Opel Ecotec et surtout le fabuleux 4 cylindres Vtec de la Honda S2000. C’est ce dernier qui constitue le cœur de gamme et qui s’associe au mieux avec la philosophie de la voiture.

L’exemplaire que j’ai croisé à Toulouse dispose de la carrosserie « moderne » et du 4 cylindres de la S2000 poussé à 326 ch. Eh oui il ne s’agissait pas de simplement transposer le moteur tel quel, des modifications importantes ont été faites pour augmenter la rage du moteur qui voit sa zone rouge démarrer à 8000 tr/mn.

Design néo-rétro

La voiture ne m’a pas laissé de marbre, elle m’a tout de suite fait de l’œil avec son profil fuselé. J’ai fait plusieurs tours pour l’admirer sous tous les angles. Elle ressemble à une Caterham mais je lui trouve quelque chose en plus.. Contrairement aux Donk’ qui ont perdu les phares ronds, celle-ci est restée fidèle, accentuant l’effet néo-rétro. Le côté rétro se retrouve avec la profusion de chrome notamment sur le cockpit avec ce splendide pare-brise plus incliné que sur une Cate’. L’association aluminium et carbone permet d’apporter la touche du XXIe siècle à un design intemporel. En revanche là où j’ai eu un peu plus de mal, c’est la partie arrière avec le pot d’échappement central et le diffuseur un peu trop proéminent qui contraste avec la pureté des lignes. Mais on le pardonne aisément quand on sait qu’il permet de coller à la route ce missile sol-sol.

Pour l’intérieur, on retrouve le côté minimaliste propre à ce genre d’engin. L’ambiance sent bon la course avec un espace disponible quasiment inexistant, un petit volant, un petit pommeau de vitesse et quelques gâchettes pour commander les fonctions vitales. Définitivement une voiture qui doit impressionner quand on la voit arriver dans son rétroviseur avec son aspect râblé et élancé !

Un engin bien trop rare

Mais sur ce point, c’est quasiment mission impossible tant le nombre d’exemplaires produits est faible. Environ 130 véhicules seraient sortis des ateliers de RCB et seulement quatre sont venus trouver séjour en France. Vous avez sous les yeux l’un des quatre exemplaires français. Et n’espérez pas en voir plus pour plusieurs raisons. D’abord, parce que la voiture n’est pas homologuée pour la France, il faut réaliser une homologation individuelle en passant aux Mines, une démarche fastidieuse donc. Ensuite, il se murmure que RCB cesse la production à cause des normes de pollution de plus en plus drastiques qui rendent difficile la mise aux normes des moteurs et demandent beaucoup d’énergie pour un sorcier qui agit seul.

Bien dommage ! Il ne reste plus qu’à contempler cet exemplaire en photo dans l’espoir de le recroiser de nouveau à un rassemblement.

By Bielle (photos) & Piston (texte),

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