Créé en 1899 par l’Automobile Club de France, le Tour Auto est la plus ancienne épreuve de compétition automobile encore en activité. Devenu l’un des rallyes les plus prestigieux au monde, il attire des marques mythiques comme Ferrari, Porsche, Jaguar, Mercedes ou Maserati. Après une longue mise en sommeil, le renouveau en 1992 sous forme de rétrospective historique a immédiatement connu un grand succès, et l’épreuve est aujourd’hui l’un des événements automobiles mondiaux les plus importants pour les grands collectionneurs.
Le principe est simple et imparable : des épreuves chronométrées sur circuit alternent avec des spéciales sur route fermée, le tout relié par des itinéraires de liaison. Il existe deux catégories — régularité, où l’objectif est de coller au plus près d’un temps de référence, et compétition, où le plus rapide gagne, tout simplement.
En cette année olympique, la 33ᵉ édition du Tour Auto a relié l’Autodrome de Linas-Montlhéry à Biarritz, traversant la France d’ouest en est sur cinq étapes. Au départ de Paris, la caravane a successivement rejoint Tours, Limoges, Carcassonne, Pau, puis Biarritz, avec des épreuves sur les circuits du Mans, du Val de Vienne, de Nogaro et de Pau-Arnos. 298 équipages étaient engagés au départ pour plus de 2 000 kilomètres de route.
Parmi les voitures à l’honneur cette année, quatre BMW 3.0 CSL, une rare BMW 507, des prototypes d’exception comme la Ferrari 512M, des Porsche 904, 906 et 910, et deux BMW M1 Procar. Du beau monde, autrement dit.
Ce troisième jour de rallye était l’étape la plus longue de la semaine, avec plus de 500 km à travers les paysages du Languedoc. Et c’est à Carcassonne et sa citadelle médiévale que l’étape a pris fin. J’ai rejoint l’événement à cette étape.
Le pied de la Porte Narbonnaise, porte d’entrée principale de ce joyau médiéval, a accueilli le parc fermé, pour le plaisir des concurrents et des passionnés automobiles venus les accueillir. Le contraste est saisissant : des Jaguar Type E et des Cobra rugissantes garées devant des remparts du XIIIᵉ siècle, sous les yeux d’une foule de curieux et d’aficionados. Ce live depuis le parking avec la citadelle de Carcassonne en décor était tout simplement exceptionnel.
Sur le plan sportif, l’étape Limoges–Carcassonne était aussi la seule de toute la semaine à ne pas proposer d’épreuve sur circuit — uniquement des spéciales sur route fermée à travers des paysages variés. Les Jaguar Type E ont encore signé un triplé, Brigand et Albert confortant leur avance en tête sur une route légèrement rendue piégeuse par la pluie.
En partant de Carcassonne, les équipages ont pris la direction de l’Ariège, traversé des cols pyrénéens, avant de remonter dans le Gers pour rejoindre le circuit de Nogaro. En chemin, un arrêt de regroupement au Parc des Arènes de Riscle a permis au public d’approcher les voitures gratuitement, avec l’accueil assuré par les bénévoles.
Au volant d’une BMW M5 prêtée par BMW Pelras, je me suis rendu sur ce lieu mythique avec le club BMW local. Un moment magique.
















Le circuit Paul Armagnac de Nogaro fut créé entre 1959 et 1960 par Robert Castagnon et Paul Armagnac pour accueillir plusieurs courses automobiles qui perdurent encore aujourd’hui, comme les Coupes de Pâques et le Grand Prix automobile de Nogaro. Les concurrents y ont roulé sur les traces de Jean-Pierre Jaussaud, Alain Prost, Jean Alesi ou encore Jacques Laffite.
La course sur le circuit a été riche en rebondissements avec une météo capricieuse. Avant même d’atteindre la piste, une spéciale chronométrée était disputée sur les petites routes entre Riscle et Nogaro, sous des nuages menaçants. Sur le circuit, le drame a frappé l’un des leaders : Berchon et Bordier, restés sous les vingt secondes de retard sur Brigand depuis le début, ont vu Sébastien Berchon sortir dans le dernier tour. Les Bonnardel, jamais très loin, en ont profité pour récupérer la place de dauphin.
Au terme des cinq étapes, c’est la Jaguar Type E de Brigand et Albert — l’ex-voiture de Jean-Pierre Lajournade — qui s’est imposée en catégorie reine VHC, devant les Bonnardel sur une autre Type E, et la Shelby Cobra 289 de Wakeman et Blakeney en troisième position.
Au programme de cette édition : 15 épreuves au total, dont 4 sur circuit et 11 spéciales sur route. Une semaine intense, inoubliable, et pour ceux qui ont eu la chance d’être au bord de la route dans le Gers ou sous les remparts de Carcassonne — une image qui reste gravée longtemps dans les mémoires.
À sûrement dans deux ans, pour un nouveau Tour Auto dans notre région !
Chaque année, Rétromobile lance la saison des festivités autour de la voiture ancienne. Incontournable, il fait toujours briller les yeux.
Retour sur la 33e édition de ce rallye mythique qui allie patrimoine et automobiles anciennes.
