Essai Hyundai IONIQ 6 : la berline innovante

Le chemin parcouru par Hyundai depuis sa première voiture, la Pony, dans les années 1970 est assez impressionnant. C’est simple, Hyundai est passé d’un petit assembleur de voiture au 3ème constructeur mondial en l’espace de 50 ans. Les produits proposés ont aussi suivi cette ascension fulgurante en étant de plus en plus aboutis et de plus en plus passionnants. La dernière décennie est très marquante dans le développement du constructeur avec un changement d’image progressif. Une remise en forme qui passe par le sport avec la participation à de nombreuses compétitions automobiles (WRC et WTCR) et la création d’une gamme sportive badgée N en référence à deux lieux distincts, qui accueillent chacun un centre de recherche du constructeur : Namyang en Corée du Sud et le célèbre circuit du Nürburgring. Une remise en forme qui passe également par une zénitude et une vision d’avenir avec la création de la gamme IONIQ dédiée aux véhicules électriques. Aujourd’hui, grâce à Hyundai Toulouse Sud Labège (Automobiles Delahaye), je vous propose de partir à la découverte de la dernière-née, la IONIQ 6.

Présentée en 2022, la IONIQ 6 vient renforcer l’offre électrique de Hyundai. Après l’étonnante IONIQ 5, un Crossover compact 100% électrique aux lignes très seventies rappelant les origines de la marque, Hyundai capitalise sur ce succès pour proposer une nouvelle berline familiale tout aussi atypique.

Dictée par l’air

La première approche est surprenante, soit on aime, soit on n’aime pas. Une chose est sûre, elle fait tourner les têtes dans les rues de Toulouse. Le design de la IONIQ 6 trouve sa source dans le majestueux concept Prophecy. Capot plongeant, pavillon fuyant et aileron proéminent, la IONIQ 6 a été sculptée par le vent. C’est voulu, les préceptes du courant de style « Streamline » des années 1930 ont été repris et réadaptés. Tout comme les Chrysler Airflow et Peugeot Serie 02 en leur temps, la IONIQ 6 défie les éléments avec une conception en soufflerie très poussée. Chaque élément a été traité avec soin pour aboutir à un excellent Cx de 0,21 (0,22 avec les rétroviseurs traditionnels). Comment ? Grâce aux volets actifs, aux réducteurs de passage de roue, aux poignées de porte affleurantes, à l’aileron et aux rétroviseurs caméra (en option). En étant passionné par le design automobile, la IONIQ 6 est très intrigante et je ne peux que saluer cette prise de risque à la fois originale et juste qui peut faire date dans l’histoire. J’adore le trois-quarts arrière avec sa signature lumineuse en pixel, le thème commun à toutes les IONIQ, qui rappelle certaines Porsche ou autre Mercedes CLS, et même les Saab Turbo avec la disposition de l’aileron. C’est flatteur ! Détail amusant, les peintures utilisées sur la IONIQ 6 sont écoresponsables. La teinte principale – ici Nocturne Gray – est réalisée à partir de pigments de charbon de bambou. Les lignes du bas de couleur gris/beige utilisent une peinture avec des pigments de pneumatiques recyclés.

Business class

Ces lignes atypiques sont exacerbées par les dimensions originales, propres à une voiture électrique. Le porte-à-faux avant est très court, tout comme le capot pour laisser place à un large empattement de près de 3 mètres. On a l’impression que la voiture est plus grande. Un sentiment qui se ressent réellement une fois confortablement installé dans l’habitacle. L’espace aux jambes est royal et digne du segment supérieur. En contrepartie, le coffre en pâtit avec un volume en retrait (401 litres + 45 litres à l’avant). La nouvelle plateforme E-GMP dédiée permet un plancher plat et une optimisation des espaces. La planche de bord est un peu moins spectaculaire que l’extérieur, mais reste très moderne dans son traitement. Les ailettes aux extrémités rappellent le monde de l’aviation et de l’aérodynamisme. Face au conducteur, on retrouve une instrumentation entièrement digitale avec deux écrans de 12,3 pouces pour les compteurs et le système multimédia compatible Apple CarPlay et Android Auto. Les graphismes sont beaux, l’ensemble est assez réactif et les ingénieurs ont eu le bon ton de garder quelques boutons physiques ou tactiles pour la climatisation. Je regrette seulement l’absence d’une molette pour contrôler à distance les nombreux menus quand on conduit et éviter de se pencher vers l’écran. Le sens du toucher est particulièrement en éveil dans la IONIQ 6 qui fait la part belle aux matériaux écoresponsables. Dans cette belle configuration dotée de la sellerie claire en cuir tanné à l’huile de lin, votre main pourra toucher de la canne à sucre et du maïs utilisés pour le tissu PET recyclé qui recouvre le ciel de toit et les garnitures des portes. Le haut des portes se pare d’une peinture bio aux huiles végétales et les tapis sont réalisés en filets de pêche recyclés. Le voyage commence même à l’arrêt ! Globalement, les matériaux sont agréables et une réelle impression de qualité se dégage. Mention spéciale pour le volant très doux en main et pour les différents commodos au maniement qualitatif avec des inserts en aluminium. On s’y sent bien à bord malgré la ligne fastback de la voiture. Sur cette finition haut de gamme Executive, c’est un réel cocon avec des sièges confortables, chauffants (AV/AR) et ventilés (AV). Les sièges se règlent dans de nombreuses positions et peuvent même s’incliner allégrement pour une position « zéro gravité » afin de se reposer à tout moment, le temps d’une recharge par exemple ! 

Rendez-vous au café du coin

Le confort a été recherché avec des vitres dotées d’un film acoustique sur cette finition et une bonne gestion de l’écoulement de l’air. Un habitacle qui permet de réveiller un autre sens, celui de l’ouïe avec la Hi-Fi premium Bose qui offre une belle mélodie. En jouant dans les menus, vous pouvez activer des ambiances de fond. Au choix le son de la nature ou le bruit d’un café en pleine activité. Ça donne envie de s’asseoir en terrasse sur l’une de nos belles places ensoleillées du centre-ville ! Après une bonne dose de caféine, j’ai de l’énergie à revendre. J’active le son virtuel du moteur, réglable en plusieurs intensités, et je décolle en direction des routes de campagne. Le passage en ville se fait sans encombre. La position de conduite relativement haute pour une berline et sa direction très légère, permettent d’être apaisé en conduite urbaine. Le couple instantané de l’électrique et le freinage régénératif, réglable en plusieurs niveaux via les palettes derrière le volant, sont des alliés de taille au quotidien en évitant de freiner dans la plupart des cas. Sa ligne fuyante et sa longueur ne posent même pas de problèmes pour se garer grâce à la caméra 360° en haute définition sur Exécutive. Il est également possible, sur cette finition, de la télécommander depuis l’extérieur avec la clé pour sortir d’une place, c’est toujours bluffant ! On se déjoue facilement des angles morts avec le rappel caméra qui s’affiche au compteur dès l’activation des clignotants. Circuler est un jeu d’enfant et la voiture est suffisamment confortable, même si l’absence de suspension active, fait que les réglages sont un peu fermes à basse vitesse, sur certains ralentisseurs et certaines routes très dégradées. Un parti-pris voulu par Hyundai pour favoriser le dynamisme de conduite.

0 à 100 km/h (s)
0
Puissance (ch)
0
Km (autonomie WLTP)
0
Poids en marche (Kg)
0
  • Moteurs synchrones

à aimants permanents

  • Boite à rapport

unique (réducteur)

  • Propulsion

Routière avant tout

La nouvelle plateforme accueille de manière optimale les batteries dans le plancher afin de garantir un centre de gravité au plus bas. La suspension fait appel à du Mc Pherson à l’avant et du multibras à l’arrière combinés, pour chaque train, à des ressorts hélicoïdaux, des barres stabilisatrices et des amortisseurs à gaz. Au fur et à mesure que les routes commencent à virevolter, les réglages choisis prennent du sens avec un compromis confort et maintien de cap très bon. Malgré les près de 2 tonnes de la voiture, elle évite de prendre trop de roulis et se positionne rapidement sur ses appuis. Avec l’ESP désactivé, l’arrière devient un peu plus joueur en enroulant plus rapidement, mais une conduite rapide se verra muselée par la direction trop légère et pas très précise ainsi que par les pneus à faible résistance au roulement, mettant en lumière un train avant paresseux au placement. Même si la direction est légèrement plus consistante en mode Sport, elle reste trop déconnectée, mais telle n’est pas sa vocation en attendant une éventuelle version sportive badgée N. Elle reste parfaitement calibrée pour une voiture qui se destine avant tout à un usage voyage. À son bord, on avale les kilomètres en toute simplicité grâce à la longue liste d’aides à la conduite Hyundai SmartSense (Freinage d’urgence autonome avec fonctions intersection et croisement, maintien dans la voie, limiteur et régulateur de vitesse adaptatif intelligent, freinage d’urgence …). Elles sont parfois un peu trop présentes avec des bips incessants. C’est pour notre sécurité, il parait ! Hyundai ne s’y trompe pas, car la IONIQ 6 a décroché les 5 étoiles au crash-test Euro NCAP. En tout cas, elle offre une gamme très complète avec très peu d’options. C’est simple, il y a l’essentiel dès le premier niveau de finition. Cette Hyundai pousse à faire défiler les paysages en parcourant de nombreux kilomètres tant sa conduite est reposante et sure. Ça tombe bien, ma version bénéficie de la plus grande autonomie avec le petit moteur de 229 ch en propulsion et les jantes aéro en 18 pouces. Dans une telle configuration, elle est homologuée à 614 km d’autonomie contre 519 km pour la version 4 roues motrices de 325 ch et avec jantes 20 pouces. Des autonomies théoriques dont on peut s’en rapprocher facilement grâce à un planificateur d’itinéraire, aux services Hyundai Live et le mode Eco qui bride l’accélérateur. En consommation mixte, il est possible d’atteindre le chiffre raisonnable de 16 kWh/100km.

Le courant passe rapidement

Si vous aimez les sensations fortes comme moi et que vous utilisez souvent le mode Sport pour profiter des performances des 229 ch et 350 Nm de couple (0 à 100 km/h en 7,4 s), vous allez être rassuré au moment de recharger. La IONIQ 6 est aussi en avance avec une architecture 800 V et une batterie d’une capacité de 77,4 kWh permettant, avec le pré-conditionnement de la batterie, des recharges de 239 kW. Il est donc possible de récupérer 351 km d’autonomie en 15 min sur une borne dédiée proposée par le réseau IONITY, notamment. Entre la rapidité de recharge et son autonomie, la IONIQ 6 est réellement une voiture électrique polyvalente, ce qui reste encore rare aujourd’hui.

Berline, la résurrection

La polyvalence est donc le terme qui la définit le mieux. Cette IONIQ 6 est une belle proposition pour qui veut une voiture originale, mais pas ostentatoire, confortable, mais suffisamment dynamique et qui permet de partir en week-end sans trop se préoccuper de l’autonomie. Elle représente clairement les ambitions de Hyundai pour sa gamme IONIQ avec des véhicules à l’image forte et aux prestations complètes. Le tarif, un peu plus élevé, de la 6 s’explique par la présence de la seule grosse batterie. Un choix fait par la filiale française, au regard des meilleures ventes pour les variantes à grande autonomie. La IONIQ 5 reste toujours proposée avec la petite et la grande batterie en attendant de voir débarquer la version N que j’attends avec impatience ! Enfin, la IONIQ 6 a des arguments en sa faveur avec une garantie 5 ans kilométrage illimité et même 8 ans ou 160 000 km pour les batteries, mais l’argument le plus important à mes yeux est le fait qu’elle soit une berline. On retrouve l’essence de l’automobile avec une voiture plus dynamique et élancée qu’un SUV !

Remerciements

Merci infiniment à Automobile Delahaye pour la découverte de cette étonnante voiture. N’hésitez pas à les contacter via leurs réseaux :

Design 

Dynamisme 

Autonomie

Espace à bord

Recharge rapide

Poids 

Direction 

75%
Degré de plaisir de conduite

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