Essai Caterham Super-Seven : fidèle à l’origine

Caterham, c’est une histoire d’amour entre un concessionnaire et la marque Lotus. Fondée en 1959 par Graham Nearn, Caterham se focalise sur la distribution des premières voitures de route de la récente firme de Colin Chapman. Une aventure qui va devenir un succès en étant rapidement le premier distributeur de celle que l’on surnomme Seven. Un succès tel que Chapman va confier la production de la voiture à son meilleur concessionnaire, avant que ce dernier n’en récupère les droits en 1973 après le remplacement de la Seven dans la gamme Lotus. Un amour pour cette petite voiture qui dure encore à l’heure actuelle afin de proposer à quiconque une voiture d’un autre temps, très attachante et plaisante à conduire.

Une voiture authentique

Aujourd’hui, je me retrouve sur la côte méditerranéenne, non loin de Perpignan pour découvrir une voiture qui me fait rêver depuis longtemps. Adepte des voitures légères et précises qui procurent un maximum de sensations, je me suis très vite intéressé à ces petites bestioles. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais expérimenté une Cat’’ sur la route. En plusieurs décennies d’existence, les voitures n’ont quasiment pas changé à l’extérieur, mais sous le capot plusieurs moteurs se sont succédé et la gamme s’est diversifiée. L’exemplaire du jour est l’un des derniers exemplaires à bénéficier du « châssis Chapman » fidèle aux dimensions d’origine avant le passage à quelque chose de plus moderne pour des questions d’homologation. Sous le capot, on retrouve une évolution du moteur Rover série K en 1600 cm3 avec 111 ch et 145 Nm. Oui votre voiture est normalement plus puissante, mais est ce qu’elle pèse seulement 655 kg ? Sûrement pas et c’est là où se trouve l’atout majeur de la Caterham. Une légèreté et une simplicité de fabrication, chère à Colin Chapman, qui nous est toujours proposée en 2022. Une bouffée d’oxygène quand on voit la masse des voitures s’élever et la fabrication se complexifier. Même Lotus est en train de saborder son propre adage avec sa gamme électrique… Une légèreté que l’on doit à son châssis tubulaire et à ses panneaux de carrosserie en aluminium. Une carrosserie néo-rétro pour notre modèle qui reprend le dessin d’origine et même les couleurs emblématiques. Je craque totalement !

 

La taille lilliputienne l’a fait passer pour un jouet pour adultes. Tout est minimaliste et tourné vers l’expérience du conducteur. La planche de bord est le meilleur témoin avec la présence de quelques boutons leviers qui assurent les fonctions rudimentaires et c’est tout. Pour le reste vous avez l’essentiel, un petit volant, des minuscules pédales et la pièce maîtresse, le petit pommeau de boîte de vitesses. Certes, il ne faut pas être épais, ni avoir de grosses chaussures et savoir se contorsionner pour que la Caterham soit accueillante, mais elle n’est vraiment pas là pour ça. D’ailleurs, mon exemplaire ne s’est pas engourdi d’un pare-brise, un saute vent suffira pour décupler les sensations.

 

 

Ça y est, c’est l’heure de s’allonger dans le petit cockpit et de goûter à une recette réputée. Le petit 1.6 litres démarre dans une sonorité grave et pétaradante. Le ton est donné, mes oreilles vont apprécier. Très vite on se familiarise avec les commandes très directes et intuitives. La longueur du capot cumulé à la position allongée déroute au début mais on s’y fait très rapidement. On se sent tout petit à côté des autres voitures, votre corps est au milieu des éléments et la Caterham est là pour vous permettre de les savourer. 

Inertie où es-tu ?

La suspension n’est pas inconfortable pour les routes du quotidien, il faut juste faire attention aux ralentisseurs pour éviter de frotter l’échappement. La légèreté est reine de tout et chaque mouvement se concrétise en une fraction de seconde. Le dicton « répondre au doigt et à l’œil » prend tout son sens. Le moteur se joue de la légèreté en montrant un caractère bien plus méchant que dans une Rover équipée du même bloc. Il aime prendre les tours et délivre une sonorité très addictive. Les changements de cap sont rapides, aidés par une direction ultra directe. Il faut d’ailleurs faire attention à ne pas trop délester le train arrière très léger. Lorsqu’il décroche il ne le fait pas à moitié. Heureusement, chaque millimètre de l’habitacle, en contact avec votre corps, remonte toutes les informations de la route. Gravillons, trous ou pertes d’adhérence, faites confiance à la machine pour lire dans un livre ouvert. Si jamais vous avez un doute, le freinage est là pour vous arrêter en à peine plus de temps que celui nécessaire pour lire cette phrase. Light is right. Le tempo est dicté par ce petit pommeau de vitesse en prise directe, précis et réactif. Un bonheur à manier en l’associant avec un talon pointe.

0
0 à 100 km/h (s)
0
Puissance (ch)
0
Couple (Nm)
0
Poids en marche (Kg)

4 cylindres en ligne 16 S

 

 

 

1600 cm3 – BVM 5

 

 

 

Propulsion

 

Des sensations déjà exceptionnelles qui sont décuplées par l’absence de pare-brise. Vous êtes à l’air libre, assis au ras du sol, il n’y a rien de mieux pour avoir l’impression de déplacer une fusée. Pourtant le compteur n’affiche pas des vitesses excessives et votre permis est préservé contrairement à votre brushing. Attention, les lunettes sont obligatoires si vous ne voulez pas perdre un œil …

Le plein de sensations

L’aventure Caterham s’arrête devant le paquebot ensablé le plus vieux du monde. Certains auront peut-être reconnu le Lydia. Un dernier arrêt qui permet de la réunir avec une autre représentante de la voiture plaisir. Contempler ces deux machines avec l’horizon qui se colore au coucher du soleil; me fait réaliser à quel point l’adage de Colin Chapman est la recette miracle pour procurer un maximum de sensations et de performances à faibles allures. Des 5 éléments, il ne manque peut-être plus que l’eau, mais ça peut très vite arriver avec un orage et l’absence de toit. Une expérience qui me fait davantage regretter la tournure que prend le marché actuel, mais une chose est sûre, c’est l’essai le plus sensationnel que j’ai pu réaliser. Je souhaite à Caterham de continuer encore longtemps à nous proposer des voitures analogues dénuées de tout artifice.

Remerciements

Merci infiniment au garage ETS Deloher pour la découverte de ce mythe. N’hésitez pas suivre leurs actualités:

Design 

Histoire

Précision 

Poids

Son moteur

Freinage 

Polyvalence 

100%
Degré de plaisir de conduite

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