ESSAI TESLA MODEL 3 : LE FUTUR DE L’AUTOMOBILE ?

Événement chez Bielle & Piston nous essayons notre première voiture qui n’est pas dotée de bielles et de pistons… Sujet brûlant de l’actualité automobile, le véhicule électrique est au cœur des débats, est-ce la solution du futur ? Est-ce viable ? Est-ce vraiment écologique ? Il n’en fallait pas moins pour susciter chez nous une certaine envie de découvrir une voiture électrique.

Ainsi quand l’opportunité s’est présentée d’essayer une Tesla j’ai tout de suite dit oui. Pourquoi une Tesla et pas une autre ? Tout simplement car c’est le constructeur qui a lancé ce mouvement d’électrification mais aussi parce que les performances annoncées ont leur place sur notre site dédié aux voitures de sport et au plaisir de conduire.

Alors cette Tesla Model 3 peut-elle me faire changer d’avis sur les voitures électriques ? Réponse en fin d’article.

Un design atypique

Tout d’abord, commençons par un point qui a fait parler lors de la présentation de la voiture ; son design. Extérieurement, on retrouve les traits caractéristiques des Tesla, c’est-à-dire des lignes fluides. Les arêtes saillantes n’ont pas leur place. Si l’arrière reprend les gimmicks des Model S & X, l’avant quant à lui est inédit dans son traitement. Je n’accrochais pas à sa sortie et je n’accroche toujours pas à ce faciès faisant penser à un canard (oui c’est peut-être un peu extrapolé). Qu’à cela ne tienne, le design c’est subjectif et je suis forcé de constater que la voiture fait tourner les têtes sûrement grâce à son côté un peu futuriste.

Futuriste, l’intérieur l’est aussi en supprimant toutes les commandes physiques pour les déporter sur un large écran posé au centre de la planche de bord. Ce traitement inédit interpelle et l’espace gagné permet d’avoir une planche de bord ultra épuré. La zénitude s’installe à bord. Une séance de yoga ça vous dit ? En revanche cette débauche de modernité oublie l’ergonomie. Même si l’écran possède une excellente résolution et une réactivité digne des dernières productions de la marque à la pomme, la gestion de toutes les commandes n’est pas aisée, ne serait-ce que pour augmenter le volume de la radio… Une question d’habitude me diriez-vous mais je trouve cela absurde d’avoir vraiment tout déporté. Même la vitesse s’affiche sur l’écran central ce qui oblige le conducteur à déporter son regard vers la droite. Un affichage tête haute serait le bienvenu. À travers cette modernité j’y vois plutôt de la simplicité qui permet à Tesla de réduire les coûts en supprimant des écrans et des éléments de mobilier ce qui permet un assemblage plus rapide tout en bluffant la personne lambda qui perçoit une image futuriste. Là je dis bien joué ! Personnellement je n’accroche pas du tout à cause de l’ergonomie qui en découle mais aussi pour une question de design. Les designers ne se sont pas foulés pour essayer d’intégrer l’écran…

Mais cet écran renvoie aussi un signal assez douloureux pour tout amateur de conduite. Aujourd’hui, ce qui prend la place dans la voiture, c’est le divertissement des passagers comme en témoignent les nombreux mini-jeux disponibles et les applications de divertissements très connus comme Netflix ou Spotify. Le poste de pilotage perd de son importance et seul persiste le volant, vestige d’une époque qui semble bientôt révolue. Il faut bien occuper le conducteur quand l’Autopilot est activé, situation de plus en plus fréquente au fil des mises à jour réalisées à distance.

Pourtant si la voiture propose des aptitudes de conduite autonome très avancées c’est une voiture qui se conduit encore et vous rateriez quelque chose si vous laissiez faire seulement l’électronique ou votre chauffeur.

Un manège à sensations

C’est la partie qui m’a le plus étonné, la conduite. Mis à part, une voiturette de golf et un kart électrique, mon expérience au volant d’un véhicule électrique est proche du néant. Ainsi comme tout le monde j’y suis allé avec un avis pré-constitué qui peut se résumer à : ça pousse fort en ligne droite mais au premier virage la voiture ne suivra pas.

Prenons les deux éléments un par un.

J’ai retrouvé ce que je pensais de l’accélération. La spécificité du moteur électrique de ne pas avoir de latence et de fonctionner en on/off est bien là. Les accélérations vous collent au fond de votre siège et le 0 à 100 (expédié en 5,3s) vous rappelle les sensations d’un Grand 8 en pleine accélération. Les reprises sont aussi démentielles et vous donnent un coup dans la nuque tant la puissance arrive instantanément. Il faut savoir qu’on a affaire à une version commercialisée seulement pendant 15 jours en France, la Long Range disposant de 202 kW (275 ch). À noter que c’est une propulsion alors imaginez la version performance en 4 roues motrices… Alors oui, ce ne sont pas des performances hors du commun mais la perception de l’accélération est très différente d’une voiture thermique dotée des mêmes performances. Dans la Tesla tout se passe sans coupure et de manière linéaire. D’ailleurs selon son propriétaire, les relances sont vigoureuses jusqu’à 160 km/h, au-delà un essoufflement se fait sentir.

En revanche là où je me suis fait surprendre c’est quand j’ai abordé le premier virage. La voiture n’a pas bronché et a tenu son cap. La direction assez directe qui devient plus lourde en configuration sport permet de bien placer la voiture qui, il faut le dire, n’est pas une ballerine (2,088 m sur 4,694 m ). L’équilibre m’a vraiment surpris, je n’ai pas décelé de sur ou sous virage, la configuration propulsion aidant à faire pivoter la voiture à la corde. Ils ont vraiment fait du bon boulot sur le comportement dynamique puisqu’on prend du plaisir à solliciter la voiture en virage. On peut dire merci au centre de gravité très bas grâce aux batteries logées dans le plancher mais aussi à l’excellente motricité de la voiture. Il y a littéralement aucune perte d’adhérence. Pourtant le couple que doivent supporter les pneus Michelin est conséquent mais entre, les qualités de la gomme et la gestion électronique qui se cache dernière, vous n’avez rien à craindre, même sous la pluie !

Les suspensions aident à gommer toute forme de roulis, on sent qu’elles sont fermes (il faut bien supporter 1726 kg) mais elles sont très loin d’être cassantes mêmes sur les routes secondaires très dégradées. Il faut dire aussi, que les sièges habillés d’un cuir « vegan » sont confortables.

Plus besoin de freins

Enfin, un dernier point m’a vraiment étonné, je m’y attendais vraiment pas, c’est le freinage ou plutôt le système de récupération de l’énergie cinétique. Le système est simple, la voiture va ralentir, plus ou moins fortement, toute seule lorsque vous allez lâcher la pédale des gaz, ce qui permet de générer de l’électricité qui ira alimenter les batteries (sorte de frein moteur). Ce système, propre aux voitures électrifiées déroute vraiment. Plus ou moins puissant en fonction du réglage choisi, il permet de ne pas freiner dans la majorité des situations. Lors de l’essai le système était quasiment réglé sur la position la plus élevée. Pour bien vous rendre compte de la force du système, en arrivant sur un rond point après une départementale à 80km/h, j’ai lâché l’accélérateur seulement quelques mètres avant mais c’était déjà trop ce qui m’a obligé à réaccéléré pour ne pas stopper la voiture. Tout cela sans effleurer une seule fois la pédale de frein. Avantage majeur, les plaquettes de frein se changent beaucoup moins souvent, entre 180 000 et 200 000 km.

Trop de technologies ?

Pour ne pas laisser les questions sans réponses, je me dois d’y répondre et je suis assez mitigé de cet essai. Mon avis se précise un peu plus sur les voitures électriques. Quoi qu’on dise, elles ne remplaceront pas dans mon cœur une voiture thermique à caractère sportif car même si les accélérations de la Tesla sont bluffantes, pour moi ça ne suffit pas. Jouer avec le régime d’un moteur thermique, passer les vitesses, écouter la voiture vivre sont des éléments essentiels pour une voiture plaisir. La performance je laisse ça aux pilotes professionnels qui sauront chasser des dixièmes sur circuit. Je cherche à avoir une voiture qui vive et les voitures électriques n’en font pas partie. Une fois passé les accélérations, il ne reste pas grand chose à part une voiture qui sort tout droit d’un jeux vidéo. Beaucoup de gadgets, de fonctionnalités qui amusent au début quand on s’intéresse aux nouvelles technologies, mais qui sont finalement futiles dans une voiture. Néanmoins je suis conscient que la Model 3 n’a pas été conçue comme une voiture sportive. Remise dans son contexte elle propose des performances exceptionnelles pour une berline familiale classique.

Pour répondre à la question du titre, est-ce vraiment l’avenir ? Je ne pense vraiment pas, qu’on ne vienne pas me dire qu’une voiture de 2 tonnes bourrée de batteries au bilan carbone qui peut être presque aussi désastreux qu’une voiture thermique, est écolo. Certes si on veut décarboner les villes c’est un début de réponse mais honnêtement, si on veut vraiment aller sur le chemin de la mobilité verte, il faut tout simplement repenser entièrement le schéma de la voiture particulière en commençant par créer des voitures moins encombrantes et de ce fait plus efficientes.

Donc rassurez-vous Bielle & Piston ne va pas se renommer de sitôt Aimant & Rotor mais je suis très content d’avoir pu tester une Tesla pour me permettre de me forger un réel avis, un grand merci à son propriétaire pour sa gentillesse et sa confiance.

By Bielle (photos) & Piston (texte),

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