ESSAI TOYOTA GR SUPRA : LE RETOUR D'UNE LÉGENDE

Supra, cinq lettres constituants un blason mythique pour les amateurs de voiture japonaise et de préparation automobile. Rendu célèbre par la quatrième génération et l’apparition dans le premier opus de la saga Fast and Furious, le nom Supra peut être considéré comme une marque à part entière au sein de Toyota.

Malheureusement, à la fin des années 90 les ventes de coupé déclinent en Amérique du Nord et une envolée du cours du Yen fait exploser les prix à l’exportation. Le sort de la Supra est donc scellé après 24 années de production.

La renaissance

Toyota tourne la page et se lance dans une nouvelle conquête, l’hybridation. L’image de marque change et les sportives n’ont plus lieu d’être jusqu’à l’arrivée d’un nouveau PDG en 2009, Akio Toyoda, petit-fils du fondateur. Ce dernier ne souhaitant plus que sa marque soit associée à des voitures « fades », entreprend le renouveau sportif de Toyota avec la GT86 et l’accélération des programmes sportifs comme l’endurance et le rallye. Comment ne pas réveiller les aficionados de la Supra qui pouvaient voir à travers ce programme sportif la sortie tôt ou tard d’une nouvelle Supra. Cette fois-ci c’était la bonne et Toyota leur a donné un avant-goût en 2014 avec le concept FT-1. Mais il a fallu être patient pour le passage en série qui intervient l’année dernière en 2019.

Mais pour des raisons de coût de développement, Toyota s’est allié à BMW, ce qui a pu faire grincer des dents mais la tradition est respectée. La Supra est toujours un coupé à architecture propulsion et motorisé par un 6 cylindres en ligne.

Japan style

Le design qui a fait couler beaucoup d’encre reprend la plupart des traits du concept FT-1 avec des proportions plus réalistes. Le ¾ arrière permet de se rendre compte du travail effectué par les designers pour la différencier de la Z4. Seuls les rétroviseurs trahissent cette parenté mais pour le reste on s’éloigne de la rigueur germanique pour une inspiration japonaise, voire même du latinisme avec des traits marqués et des hanches galbées. 

La vocation sportive est plus que suggérée soit subtilement, avec des références stylistiques à la compétition comme en témoigne le béquet en forme de queue de canard, le double bosselage du toit, soit explicitement avec de nombreux appendices aérodynamiques, des fausses entrées d’air un peu partout et un large diffuseur. Clairement, c’est un design singulier qui fait tourner les têtes et on aime ou pas. Personnellement j’adore, surtout dans ce très beau Lightning Yellow qui fait ressortir l’ensemble des galbes et qui égaye le paysage avec ce temps maussade. J’aime moins les fausses entrées d’air, notamment sur le capot et les flancs mais pour le reste je valide en particulier le travail effectué pour la rendre plus large qu’elle n’y paraît avec des optiques très travaillées.

L’intérieur quant à lui renvoie une tout autre image. D’abord, la singularité du design extérieur ne s’y retrouve pas, ensuite le sport est moins suggéré, enfin l’affiliation avec BMW est plus marquée. Néanmoins, si on reconnaît les éléments maisons de la marque à l’hélice, l’ensemble s’éloigne du design de la Z4. Tout de même, les traits japonisants de l’extérieur laissent place à la rigueur germanique avec une planche de bord horizontale. Le sport n’est plus omniprésent. Certes on a un superbe compteur centré sur le compte-tours, une touche de carbone sur la console centrale et une barre de renfort, un pédalier et des seuils en aluminium, mais l’ambiance est plus typée grand tourisme. Les sièges semi-baquets chauffants et le sentiment d’engoncement font plus penser à un cocon, qu’à un cockpit d’une pistarde. Toutefois, l’aspect général est qualitatif et plaisant à l’œil si on excepte le volant assez disgracieux, mais c’est un détail.

Voyage au pays du Soleil-Levant

Pour des questions de timing, on a dû jouer avec la météo pour réaliser cet essai. Ça donne quelques appréhensions quand on a entre les mains une propulsion mais ça permet de réaliser de beaux clichés et d’apprécier le tempérament joueur.

L’aspect grand tourisme et voyageuse saute aux yeux lors des premiers tours de roue. Les embouteillages toulousains mettent en lumière son confort et sa facilité d’utilisation avec l’ensemble des aides à la conduite qu’une voiture de ce standing se doit avoir (détecteur d’angle mort, régulateur adaptatif, alerte de franchissement de ligne / de collision, affichage tête haute…). On retrouve donc l’origine des Célica Supra – supérieur en latin – avec des coupés luxueux et puissants. Mais quand Toyota décide d’apposer sur le coffre arrière le sigle Supra au design délicieusement vintage, c’est pour dire implicitement « On n’a pas oublié ce qui a fait la renommée de ce blason ». Le sport. 

L'ADN conservé

Mode Sport enclenché, boîte de vitesses en position manuelle et c’est parti pour découvrir ce pour quoi on est là aujourd’hui. Le 6 cylindres 3,0 litres commence à chanter mais encore une fois, l’esprit grand tourisme est là avec un son assez feutré à l’intérieur. Point de hurlement strident, une mélodie rauque qui berce vos oreilles et qui fait plaisir à entendre. Les crépitements à l’échappement sont à peine audibles fenêtres fermées. En revanche depuis l’extérieur, le son est plus théâtral, les oreilles du photographe s’en souviennent encore.

Alors, oui ça n’a pas la même saveur que le mythique 2JZ mais on respecte le blason avec un 6 cylindres qui a fait ses preuves et qui est plein à tous les étages. Malgré la présence d’un turbo, le moteur a de l’allonge et délivre sa force jusqu’à 7000 tr/mn. Ce turbo, par la même occasion permet des accélérations franches (0 à 100 km/h en 4,3s) et une douceur d’utilisation au quotidien.

Danseuse étoile

Sur sol détrempé il révèle son talent de chorégraphe en faisant danser le train arrière. Si votre pied est un peu lourd, les 340 ch et 500 Nm de couple seront largement suffisants pour déborder les pneus et entraîner des pertes d’adhérence. Toujours prévenantes, elles ne vous feront pas peur et seront sources d’amusement, tout du moins tant qu’on respecte les lois de la physique.

La Supra aime se déhancher et elle ne demande que ça. Elle demande aussi sa dose de petites routes pour encenser son comportement agile et vif. Le 6 cylindres apporte une noblesse mécanique nécessaire, mais son poids se ressent dans la direction et les freinages intensifs alors même que la répartition des masses est de 50/50.

Bénéficiant d’un grip latéral excellent même sur sol mouillé, elle peut s’avérer légèrement survireuse grâce à son architecture propulsion et son empattement court. Gageons que sur sol sec elle doit être d’une efficacité redoutable avec son différentiel actif. En attendant, la direction précise et consistante permettra de dicter le sens de la chorégraphie tandis que votre pied droit dictera le rythme et les transferts de masses.

Elle enchaîne sans sourcilier les virages plus ou moins serrés et sa suspension adaptative ni trop ferme, ni trop souple, même en mode Sport, permet d’en profiter sur les revêtements les plus dégradés. Le rythme s’intensifie et n’est pas gâché par la boîte de vitesses ZF à 8 rapports qui se montre réactive sous tous les plans.

Supra is back

Cocktail réussi, la Toyota Supra saura esquisser un sourire sur votre visage. Sportive à l’extérieur, plus raffinée à l’intérieur, elle offre une double personnalité qui se retrouve une fois installé à son volant. À la fois sportive avec un comportement joueur et dynamique, elle saura vous transporter sur de longs trajets. Ce constat amène à se poser une question. Est-ce que Toyota doit s’arrêter là ? N’est-elle pas trop sage ? Je pense que Toyota a moyen de créer une Supra plus bestiale en adoptant des réglages plus fermes, en désembourgeoisant l’habitacle et en la dotant peut-être d’une boîte mécanique en option. Le design suggère plus de sportivité, il serait judicieux d’allier plus fortement le ramage et le plumage à travers des éditions spéciales. Le déploiement de la gamme continue avec l’apparition d’une version 4 cylindres de 258 ch qui perdra indéniablement en noblesse mécanique mais qui gagnera à coup sûr en dynamisme. Quoi qu’il en soit, Toyota signe un retour de la Supra réussi qui peut décevoir certains adeptes de la Supra d’antan. Alors oui, le design est original et s’éloigne de la génération précédente et le partenariat avec BMW lui a fait perdre de sa saveur Wasabi. Cependant, je trouve que ces critiques ne sont pas réellement fondées car d’une part, aucune génération de Supra ne s’est ressemblé et d’autre part le partenariat avec BMW permet à cette Supra d’exister. En partageant les coûts, Toyota permet de proposer cette cinquième génération à un prix correct, prix qui aurait pu s’envoler si le constructeur avait dû tout développer de A à Z. Il faut donc se réjouir qu’un constructeur généraliste sorte une telle sportive dans le contexte actuel et s’efforce de développer tout une gamme sportive à l’heure où les autres constructeurs restreignent leurs modèles sportifs pour éviter de payer les amendes liées au CO2. Toyota vise juste encore une fois !

Merci infiniment à Toyota Toulouse pour leur confiance et pour nous avoir permis d’essayer le cinquième chapitre de cette fabuleuse saga. N’hésitez pas à faire un tour sur leurs réseaux sociaux :

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Bielle & Piston,

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