ESSAI JAGUAR F-TYPE SVR

Et si je vous disais qu’aujourd’hui vous allez repasser votre permis ? J’entends déjà vos souffles d’exaspération consécutifs d’un souvenir plus ou moins mauvais de cet examen ô combien important. Si pour les passionnés de voiture cet examen peut être une partie de plaisir, il y a généralement un point où on tombe tous d’accord : les auto-écoles ne font pas rêver… Pour ceux qui s’apprêtaient à partir je vais vous faire découvrir qu’à 10 000 km de Paris, les Clio et autres 208 Diesel ont été remplacées par deux félins de sa majesté.

Si l’Île de la Réunion est surtout réputée pour ses escapades en pleine nature à travers les cirques et volcans millénaires agrémentées de senteurs exotiques, elle l’est moins pour le fait qu’elle abrite une auto-école pas comme les autres. Nous sommes au sud-ouest de l’île, dans la commune de Saint-Pierre qui héberge une auto-école à l’ancienne. Point d’ordinateur pour s’entraîner pour le code ni même pour s’enregistrer sur le planning, seulement des feuilles de papier, un rétroprojecteur et des bons vieux stylos. Mais qu’est ce que je fais ici ? Mon permis a été une formalité que j’ai acquitté il y a quelques années, les bancs ou plutôt les sièges de l’auto-école sont loin derrière moi. Mais ne tergiversons pas plus, ce qui m’a poussé à revenir dans une auto école c’est tout simplement une Jaguar F-Type SVR.

Une auto-école pas comme les autres…

Et oui vous avez bien entendu, cette auto-école oldscool dispose d’une voiture atypique, une super-sportive forte de 575ch. Et ce n’est pas tout, je vous ai annoncé deux félins et le deuxième porte le doux nom de Jaguar XJ. S’il est possible de passer ses heures de conduite sur ces deux voitures, la traditionnelle citadine diesel reste de la partie notamment, pour apprendre le maniement de la boite méca, chose que les deux Jaguar ont troqué pour une boite auto.

Toutefois, même en n’étant pas élève et en possédant son permis il est possible de réserver des heures de conduite avec pour se faire plaisir à leurs volants. Attention, il faut quand même respecter le code de la route comme un bon élève et le moniteur monte avec vous pour des questions d’assurance mais il s’avère qu’il est sympa et vous laisse vous amuser comme je vous l’expliquerai plus tard.

J’ai donc réservé 1h30 de conduite pour 70€ (pas cher quand on compare à de la location de voiture de luxe). Après avoir fait quelques formalités, il est l’heure de passer aux choses sérieuses.

Le V8 5.0 compresseur

Il faut savoir que la Jaguar F-Type a une place toute particulière dans mon cœur car c’est une voiture que j’adore et qui me fait rêver (sauf en 4 cylindres) et c’est pour cela que j’ai sauté le pas. D’ailleurs après lui avoir dit cela, le moniteur m’a fait une présentation détaillée digne d’un concessionnaire en ouvrant coffre et capot et en m’expliquant même la procédure de fermeture de ce dernier (se placer devant, positionner de manière symétrique ses mains et pousser délicatement sans claquer). Ce petit tour d’horizon fait, il est temps d’appuyer sur la gâchette de lancement du V8 5.0 à compresseur. Quel son, le jaguar rugit ! Preuve que le mono est sympa, j’ai pu mettre la voiture en mode race avec commande de boite en manuel et l’échappement en position sport. Aussi, il m’a demandé quel type de route je voulais parcourir et c’est tout naturellement que le mot sinueux est sorti.

La belle en vue éclatée

Nous voici partis pour 1h30 de conduite qui commence par une session d’embouteillages urbains. Au début, le gabarit de l’auto impressionne, surtout avec son long capot mais on prend assez vite le coup de main. Une fois le flot de circulation passé, les petites routes approchent et la magie commence à opérer !

Certes la voiture est lourde (1703 kg, soit 50kg de gagné par rapport à la R) mais la fougue du V8, accouplé aux 4 roues motrices à tendance propulsion et à l’excellente boite à convertisseur de couple ZF, font que le comportement de la voiture s’apparente réellement à un félin.

Ce moteur déborde de couple (700 Nm) et arrache la voiture du bitume qui saute littéralement de virage en virage en rugissant. On sent que le poids est quand même là puisque la voiture plonge en cas d’accélération ou de freinage franc. Je peux vous dire que lors de ma première accélération, pour doubler un camion, j’ai été scotché au baquet ! Ainsi la voiture dévore virage après virage, on traverse des petits villages où les dos-d’âne sont passés sans trop de difficultés à condition de retomber en première. Le freinage a du mordant, même en l’absence des freins en carbone céramique, et la pédale présente une bonne progressivité. Dans cet élan de sportivité j’ai quand même essayé le mode confort qui m’a permis de me rendre compte que la voiture est suffisamment confortable pour un usage quotidien.

L’aileron gâche la ligne pour moi !

Finalement les petites routes de montagne ont révélé deux points faibles. D’une part, la visibilité arrière qui est assez réduite à cause du design fastback et d’autre part, la direction qui manque un peu de retour d’information d’autant plus que le train avant est incisif à souhait. Néanmoins, le comportement dynamique de cette Jaguar est vraiment top et la marque ne renie pas ses origines ! Et que dire de cette bande son tout droit sortie de l’enfer. A partir du moment où j’ai pu saisir le fonctionnement de l’échappement (rétrogradage entre 2500 et 3000 tr/mn) je me suis amusé comme un gosse à créer des déflagrations (retours d’échappement). La voiture a un réel caractère qui la rend attachante et chose que je craignais, il est simple de respecter les limitations légales tout en se faisant plaisir !


Une finition au top !

Si mécaniquement parlant le blason Jaguar n’est pas déshonoré, sur le plan du design il ne l’est pas non plus. Ian Callum, célèbre designer de la marque a dessiné là l’une de ses plus belles création. Si on enlève tout l’attirail de l’auto école, qui suscite d’ailleurs des étonnements chez les passants « On peut passer le permis avec ça ? », le design est à la fois élancé et élégant avec ce long capot, ce toit fuyant et ses hanches marquées. La griffe SVR vient rajouter une dose de sportivité par rapport aux S et R, avec un bouclier avant plus ajouré, des écopes d’air au niveau des portes et des jantes inédites de très bon goût (pas disponibles sur le modèle essayé). Seule faute de goût, l’aileron fixe qui ne s’intègre pas du tout et qui casse la ligne. Heureusement qu’on peut le supprimer gratuitement ! (mais la vitesse de pointe passe de 322 à 300km/h). Globalement je préfère la pureté et l’élégance de la R mais il faut reconnaître que les designer ont su marier intelligemment la robe intemporelle de la F Type avec l’accastillage sportif . S’agissant de l’intérieur, le mariage entre sport et luxe est aussi présent avec un cockpit tourné vers le conducteur et pourvu d’Alcantara, de carbone et de cuire à profusion. C’est avec le sourire aux lèvres que j’éteins le moteur avec comme objectif d’en acquérir une un jour ! Cette voiture propose une véritable identité tant sur le plan stylistique que mécanique qui mérite d’être plus connue.

Je vous laisse découvrir ce magnifique son !

Informations

Auto Ecole Maéva
54 rue Désiré Barquisseau, 97410 Saint-Pierre (La Réunion)

By Piston,

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